Alors que l’Enquête sur le scandale du sang contaminé au Canada fête ses 20 ans, des documents révèlent que le gouvernement fédéral a collaboré avec l’industrie pharmaceutique privée et est allé à l’encontre des recommandations charnières du rapport Krever

À la veille du 20e anniversaire de l’Enquête Krever sur le scandale du sang contaminé, des parlementaires, des défenseurs des soins de santé et des professionnels de la santé se sont rendus à Ottawa pour demander au gouvernement Trudeau de respecter les recommandations de l’Enquête Krever, et de retirer les permis accordés aux cliniques privées à but lucratif de collecte de sang, qui vendent le sang canadien à l’étranger.
Des documents obtenus dans le cadre d’une demande d’accès à l’information* indiquent que, depuis des années, Santé Canada a collaboré avec des lobbyistes non enregistrés du secteur des cliniques privées de collecte de sang avant de leur accorder des permis, et cela malgré l’opposition manifestée dans tout le pays. Ces cliniques privées controversées ont été interdites en Ontario et en Alberta afin de protéger nos réserves en sang.

« Ces documents témoignent d’une insouciance totale envers la sécurité des réserves de sang du Canada. C’est alarmant de constater qu’on puisse donner à des lobbyistes et à l’industrie pharmaceutique privée le pouvoir de prendre des décisions stratégiques au nom de la population canadienne », souligne Kat Lanteigne, directrice générale et co-fondatrice de BloodWatch. « Le premier ministre Trudeau doit intervenir et ordonner à Santé Canada de retirer immédiatement les permis accordés à Canadian Plasma Resources. »

La Société canadienne du sang (SCS), agence publique créée dans la foulée de l’Enquête Krever, fait état d’un déclin du nombre de donneurs volontaires à Saskatoon où la première clinique privée a ouvert ses portes. Plusieurs fois, la SCS a mis en garde Santé Canada et les gouvernements provinciaux, et leur a demandé de cesser leur appui aux cliniques privées de collecte du sang, précisant le risque important à la sécurité des réserves de sang du Canada.

« Au Nouveau-Brunswick, nous sommes directement témoins de la menace, engendrée par les compagnies privées de collecte de sang, à notre système fragile de collecte de sang », souligne Paula Doucet, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick. « Sans consultations publiques, Santé Canada a accordé un permis à une compagnie privée qui a ouvert ses portes à Moncton, près de l’Université, et qui est en concurrence directe avec notre système public pour recruter la prochaine génération de donneurs de sang. »

On prévoit ouvrir une troisième clinique privée à Saint-Jean (N.-B.), ainsi que d’autres au Manitoba, en Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique.

« L’ouverture de cliniques privées à but lucratif rémunérant les donneurs de plasma menace la capacité de la SCS de recueillir suffisamment de plasma pour répondre aux besoins de la population canadienne », précise Adrienne Silnicki, directrice nationale, politiques et défenses des droits, Coalition canadienne de la santé. « La ministre fédérale de la Santé doit donner son appui au système public de collecte du sang, et rejeter ceux qui essaient de faire des profits avec le sang des personnes du Canada. »

BloodWatch demande au premier ministre de s’excuser officiellement auprès des personnes ayant reçu du sang contaminé, de reconnaître le 26 novembre comme la journée du dépôt du Rapport Krever à la Chambre des communes, et d’agir immédiatement pour retirer les permis accordés à toutes les cliniques privées à but lucratif de collecte de sang.

On estime à 8 000 le nombre de vies perdues au Canada en raison de la tragédie du sang contaminé.

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Pour en savoir davantage, communiquez avec :
Adrienne Silnicki, directrice nationale, politiques et défense des droits, Coalition canadienne de la santé, 613-402-6793 asilnicki@healthcoalition.ca
Lauren Snowball, agente des communications, Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et d’infirmiers, 613-868-5702
Kat Lanteigne, directrice générale et co-fondatrice de BloodWatch, 647-272-7381
Paula Doucet, présidente, Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick, 506-543-2255

*Pour consulter les documents obtenus dans le cadre d’une demande d’accès à l’information, envoyez un courriel à info@bloodwatch.org

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